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Joëlle

 MONTECH

 

 

 

 

 

 

 

 

 

23/02/2017

 



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Patrick
Zemlianoy

 

 

 

 

 

 

 

 

Claude

Barrère

 

 

 

 

16/02/2017

 



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Christian Saint-Paul invite les auditeurs à participer à la rencontre le samedi 4 mars 2017 à 15 h au Centre Joë Bousquet, 5 rue de Verdun à Carcassonne, avec Jean-Pierre Barou et Sylvie Crossman autour de « la guerre d’Espagne et des Ecrits Libertaires d’Albert Camus.

Le public pourra également être saisi par le triptyque du peintre Joan Jordà « Casas viejas ». Casas viejas est un village emblématique de l’Espagne rebelle, en Andalousie. En janvier 1933, ses habitants feront craindre au gouvernement républicain de Madrid, le pire. 2000 « gueux » risquent d’enflammer toute l’Andalousie et à sa suite toute l’Espagne. Celle de l’insoumission. On creuse des fossés pour isoler le village, la mairie est dévalisée. Comme un marchand de fusils de chasse. La Libertaria, une jeune femme, prend la tête du mouvement. Elle est suivie par ses aînés. Deux gardes civils sont tués. Madrid et même le futur général Franco paniquent.

La répression sera terrible : ce fut un véritable massacre dans le village. Les faits restèrent longtemps cachés. Mais ils souillent la République d’une tache que l’Histoire révèlera.

Seule une voix s’est élevée, celle d’un grand médecin de Madrid, Gregorio Maranon, pour dire à tous : « Lisez Lope de Vega, dans son théâtre, une pièce dit pareil et qui se réfère à des événements qui eurent lieu dans la région en 1476. »

Ainsi fut ce conflit : l’immortelle résistance d’une conscience éternelle comme seule l’Espagne en produit.

C’est là le sens de l’œuvre de Joan Jordà exposée à Carcassonne.


 

Lecture de « Albert Camus et ses amis libertaires » de Jean-Pierre Barou et Sylvie Crossman.

*

Les éditions Cheyne, dans leur collection « D’une voix l’autre » publient deux livres remarquables (chacun 23 €)


 

D’une par : Les arbres ne rêvent sans doute pas de moi qui est une anthologie personnelle de Søren Ulrik Thomsen, reconnu comme l'un des plus importants poètes danois d'aujourd'hui. Le paysage urbain, l'expérience sensorielle du monde et les thématiques existentielles se nouent indissociablement dans son regard et dans sa voix. Une délicate attention aux détails et une curiosité pour l'ordinaire des jours ne cessent d'irriguer le cosmos minimal de chaque poème.

Dans une lumière feutrée, à travers une langue qui semble puiser son pouvoir de résonance et d'émotion dans sa simplicité même, le poème ouvre un espace où la sensation et la pensée s'effleurent, où le silence et la voix s'offrent amoureusement l'un à l'autre. Sous l'écho assourdi d'une tendresse veinée de mélancolie, cette poésie ne circule dans les parages de l'élégie que pour se diriger ailleurs.

Ne forçant ni les mots ni les choses, Søren Ulrik Thomsen ne nous force ni la main ni le coeur. C'est bien à la vie qu'il nous invite plutôt, la vie qui se dévoile à nous à travers "les petites cabanes bancales des poèmes".


 

Søren Ulrik Thomsen, membre de l’Académie danoise, est l’un des poètes danois des années 80 appelés Nouveaux Lyriques. En 2014 ont été publiés ses œuvres complètes au Danemark.

Anthologie personnelle, Les arbres ne rêvent sans doute pas de moi est la première traduction en français de Søren Ulrik Thomsen.


 

Lecture d’extraits.


 

La radio a capté une station lointaine

où un chœur d’enfants

dans une langue qui doit être du russe

lit quelque chose qui doit être de la poésie

et pourrait sonner comme une traduction

du poème que j’ai toujours rêvé d’écrire.

*

La dernière heure est la meilleure du jour.

Tout est trop tard et trop tôt.

Il se peut bien que je sois heureux

mais c’est peut-être aussi tout ce tabac

qui me fait tourner la tête, et je m’en contrefiche :

de toute façon j’aurai mal à la tête demain

car je suis frappé que toi aussi puisses mourir.

Le poème auquel j’ai travaillé toute la soirée

fume comme une vieille lampe.

Je vide le cendrier et sors pisser.

Chaque jour tout est fini.

*

Une fois par jour la solitude est si vaste

qu’on ne sait qu’en faire.

Et une fois c’est la joie.

Entre les deux veiller à régler ses affaires.

*

Voici donc la fin de l’été

après-midi et fin d’après-midi.

Le travail s’écoule peu à peu

nous avons encore fait notre possible

et plus encore dans un intervalle donné :

un somme d’une heure est tout à fait à sa place.

Quand nous nous réveillons tout est d’un calme plat :

le soleil, qui est le plus fort, vient juste de disparaître

et la connaissance brille autant que tout un hôpital.

Puis la lune déborde de toute sa lumière d’emprunt.

*

D’autre part, « Peine de vie et autres poèmes » d’ Oscar Hahn, traduit de l’espagnol (Chili) et préfacé par Josiane Gourinchas.

Considéré comme l'un des plus importants poètes chiliens d'aujourd'hui, Oscar Hahn n'avait encore jamais été traduit en français. Autour de larges extraits de Peine de vie, l'un de ses recueils majeurs, ce volume nous invite à un parcours poétique couvrant près de quatre décennies, depuis Art de mourir (1977) jusqu'aux Miroirs communicants (2015).

La poésie d'Oscar Hahn se caractérise par des formes concises, une netteté limpide du vers et une aptitude à embrasser un large horizon de l'expérience humaine. Elle excelle à relier les détails concrets de la vie quotidienne, les situations existentielles ou les événements historiques à une dimension réflexive proche de l'apologue. L’amour, le temps, la solitude, la mort, la chute des Tours jumelles, les guerres au Proche-Orient sont autant de thèmes susceptibles de trouver place dans ses poèmes qui allient au naturel de la diction une persuasive unité de forme et d'atmosphère. La voix d'Oscar Hahn porte l'empreinte d'une longue tradition poétique remontant au Siècle d'or espagnol, tout en manifestant une évidente aptitude à réélaborer des formes d'oralité populaire. Ni la verve ironique, ni la veine ludique ou fantastique qui se font subtilement jour dans ses poèmes ne le conduisent à perdre un juste contact avec les vérités, les énigmes et les paradoxes des destinées humaines.

 

Me charger de moi-même de par le monde

n'est pas chose facile

Me défaire de moi

ou me laisser abandonné en quelque lieu non plus

 

Oscar Hahn est né en 1938 à Iquique, au nord du Chili. Emprisonné au lendemain du coup d'État de Pinochet (1973), il décide dès 1974 de quitter son pays natal pour les États-Unis. Il enseigne la littérature latino-américaine à l'Université de l'Iowa jusqu'à la fin de sa carrière. Il réside actuellement à Santiago du Chili. Poète et essayiste, il a reçu de nombreux prix, en particulier le prix Pablo-Neruda (2011), le Prix national de Littérature (2012) et le Prix Loewe international (2015).

 

Josiane Gourinchas, professeur agrégé, a enseigné à Montpellier. Elle se consacre à la découverte, la traduction et la diffusion de poètes de langue espagnole encore inconnus en France, en particulier Oscar Hahn qu'elle a déjà présenté dans le cadre de festivals et de lectures publiques. On lui doit les traductions des poèmes de Pedro Heras que nous avions contribué à faire connaître en lui consacrant plusieurs émissions « les poètes », et qui nous a quitté bien prématurément.

 

Dans sa belle préface, Josiane Gourinchas, a mis en exergue ces mots de James Sacré dans « Figures qui bougent un peu » : C’est tellement loin de chili / tellement plus loin qu’un poème.


 

Une émission sera consacrée prochainement à cet auteur chilien avec Josiane Gourinchas.


 

Lecture d’extraits.


 

Avertissement au tortionnaire


 

Les ombres qui déambulent dans ta chambre

te regardent et conspirent


 

Prends garde à l’ombre de l’arbre sans l’arbre lui-même

Prends garde à ses fruits


 

Prends garde à l’ombre du chien sans le chien lui-même

Prends garde à ses crocs


 

Car une nuit d’insomnie

tu regarderas ton reflet sur le mur


 

et tu verras ta tête en train de tomber de cet arbre

comme un fruit pourri


 

et tu la verras rouler vers l’enfer

*

Corps présent


 

La nuit il s’est couché vivant

et à l’aube il s’est levé mort


 

Il chemina vers l’inconnu

et de lui on ne sut jamais plus rien


 

Celui qu’ils mirent dans le cercueil

n’était déjà plus lui


 

Personne ne remarqua rien

« Il est resté le même » dirent-ils

mais ce n’était pas lui


 

Et celui qu’ils descendirent dans la fosse

n’était pas lui

non plus


 

Celui qui s’est perdu dans l’infini

c’était lui

*

Nuit et brouillard


 

Que cachera le brouillard

dans cette densité impénétrable

qui flotte à la tombée de la nuit

comme un sabbat de spectres


 

En son sein se jouent des choses

qui ne sont pas de ce monde


 

Et lorsque le brouillard se dissipe

s’en vont aussi avec lui

des possibilités inimaginables


 

Le monde retrouve sa netteté

et tout demeure

clair de manière suspecte


 

Car la clarté peut cacher

les pires secrets


 

Le brouillard

ne prétend rien éclairer

ni rendre rien transparent :


 

voiler est sa fonction

estomper le monde

dissimuler la réalité


 

Et il nous dit avec des mots de buée :

«  Il y a plus de choses dans le ciel et sur la terre

que ne l’imagine ta philosophie »


 

Pour contempler ces choses

il faut être de brouillard

et tourner le regard vers soi

*

Les éditions Alcyone, dans leur collection Surya publient :

- « La voix levée » de Léon Bralda, 67 pages, 17 €.


 

Les textes sont accompagnés de la reproduction de huit gravures et estampes infographiques de Lionel Balard.


 

Léon BRALDA est né à Béziers en 1963. Agrégé d’Arts Plastiques et Docteur en Esthétique et Sciences de l’Art, il est enseignant à l’Ecole Supérieure du Professorat et de l’Education, à Clermont-Ferrand.


 

Il est des saisons qui durent à jamais dans l’enchevêtrement des désirs et des rêves… des saisons qui reviennent inexorablement aux lèvres du poète. La voix levée : un chant qui porte au sud, en terre-mère, en ce lieu où l’enfance a frayé. Parmi les vignes et les vergers, au pied des grands immeubles, l’enfant fait cicatrice de tout ce qui advient et le poète, dédiant ce recueil à sa fille, écrit :


 

" Je garde en moi cette voie souveraine où les tours ont gravi l’ombre du souvenir, où les passants ont un front noir pour parler au matin. Noir ! Comme pour enfanter l’orage derrière la saison chaude. Le ciel aura conquis ses myriades de plumes avec du vent offert à la rumeur du monde.

(…)

J’aime l’instable mélopée des tentures de lin et de coton tissés, leur âme jaune prenant dans le dénie des murs chaulés, assommés de lumière et de mélancolie, le froissement discret des vitres qui donnait l’heure aux chats quand la faim appelait…


 

Ma fille, c’est cela-même qui construit les pontons au large de ma mémoire, avec du feu et de la pierre, de l’eau et des paupières rivées à la saison des plaies. "

Extraits de La voix levée

*

- Solstice du silence de Jacqueline Saint-Jean (57 pages, 16 €).

Les textes sont accompagnés de la reproduction d'une œuvre plastique.


 

Née dans les Côtes d’Armor, Jacqueline Saint-Jean vit près de Tarbes. Membre du comité de rédaction d’Encres Vives, co-fondatrice puis rédactrice jusqu’en 2009 de Rivaginaires, revue engagée pendant trente ans dans nombre d’actions poétiques avec peintres, musiciens, autres partenaires. Elle a souvent participé à des projets d’écriture à l’école, dans les bibliothèques, les associations, et animé de multiples ateliers d’écriture. A publié une trentaine d’ouvrages, poésie, un roman, des livres d’artistes, et beaucoup de textes, articles et lectures dans diverses revues et sites. Prix Max Pol Fouchet 1999 pour « Chemins de bord » et prix Xavier Grall 2007 pour l’ensemble de l’œuvre. Son écriture crée une « étrange alchimie des apparences et de l’intériorité », selon Gilles Lades. Et Marie-Josée Christien l’évoque ainsi : « Le texte se tend, juste et plein. Dans une économie de mots, il luit de toute sa lumière. Il ne développe pas. Il n'a aucune vérité définitive à conquérir. Il s'efface, insaisissable, entre éphémère et infini, entre nuit et lumière. Il respire, scintille, résonne "vers les chemins de l'intérieur, où les tracés se perdent".


 

En ces temps assourdissants, s’ouvrir au silence. A sa profondeur, ses variations, ses impasses, ses éclairs. A ses ombres, ses miroirs, son mystère. A ses graines. « Chaque atome de silence / est la chance d’un fruit mûr » (Valéry). S’il glace parfois, sentir aussi qu’il pénètre le corps, épure la pensée, amplifie le souffle, accueille l’intensité de l’instant, lave les mots de leur poussière. Ainsi traversée, écouter le soir, rassembler ce qui reste, ce qui éclaire encore, ébauche un chemin : éclats de vie, questions, les sucs et les cendres, les braises du temps que les mots attisent.


 

Jacqueline Saint-Jean


 

L’émission « les poètes » reviendra sur ces publications, mais elle tenait dores et déjà à les signaler.

*

Christian Saint-Paul donne la parole ensuite à ses invités, Patrick Zemlianoy Président de « Des livres et des Idées » et le poète plasticien Claude Barrère venus présenter le 5ème Festival international de Poésie :

50 Poèmes pour la neige ” – “ 50 poèmas per la nèu ”


 

Le jeune festival “ 50 Poèmes pour la neige ” a déjà pu avoir lieu dans plusieurs villes d’Europe. Si vous en avez la curiosité, vous pourrez aller voir images et films sur le site internet :

https://www.facebook.com/50poemsforsnow/

L’association « Des Livres et des Idées » organisatrice du festival 2017 sur

Toulouse avec la collaboration de Convergéncia Occitana, Radio Occitanie

et les éditions N&B ont la volonté de bâtir une « Europe de la poésie ».


 

Résolument désintéressé, le seul objectif est de partager sur le thème de la

neige et au-delà des frontières, un moment avec des poètes ou de simples

lecteurs qui veulent faire partager leurs coups de cœur.

C’est également une occasion pour découvrir un poète phare à qui le festival est dédié.

En 2017, Constantin Cavafy grand poète grec sera à l’honneur.

La Maison de l’Occitanie à Toulouse accueille cette année le festival pour une soirée qui s’annonce culturellement riche par la diversité de ses participants.


 

Joëlle Montech, professeur de théâtre, viendra tout spécialement d’Athènes pour nous parler de Constantin Cavafy

Jordi Vidal, chanteur et guitariste, interprètera deux chansons inspirées par des textes du grand poète

Des poètes occitans : Franc Bardou, Philippe Carbonne, Alem Surre Garcia, Jaumes Privat ainsi que :

Claude Barrère, Annie Briet, Michel Cosem, Manijeh Nouri, Monique Saint-Julia, Christian Saint-Paul, Jean-Michel Tartayre viendront nous lire des textes mêlant occitan et français avec la neige pour toile de fond

Et le public sera également convié à prendre une part active à ce festival en nous

faisant partager des textes.

Un vin chaud viendra réconforter les participants soumis pendant la soirée à la neige poétique mais peut-être bien réelle à l’extérieur.


 

Cette soirée aura lieu le : Vendredi 24 février à 20h30 – Entrée libre et gratuite

Ostal d’Occitània, 11 rue Malcousinat

Métro Esquirol – 05 61 22 13 31

« 50 poèmes pour la neige » en Arménie

50 ԲԱՆԱՍՏԵՂԾՈՒԹՅՈՒՆ ՁՅԱՆ ՀԱՄԱ

éditions

*


 

Patrick Zemlianoy expose la philosophie de ce festival à vocation européenne accueilli cette année par la Convergence Occitane avec l’appui de Radio Occitania et des éditions N&B de Toulouse.

Il est emblématique de noter que les poètes occitans et français se feront écho dans le prolongement de la poésie du grec Constantin Cavafy.


 

Claude Barrère insiste sur la symbolique de la neige. Il y voit quant à lui, à la fois le blanc et le noir, qui n’existeraient pas l’un sans l’autre. La neige serait, à sa manière, l’élément qui réconcilie les contraires et les résout.


 

Il lit des poèmes sur la neige dont les siens.

 

de l’autre côté du temps des pages,

in-tranquille, la Neige m’écrivait, muette


 

neige d’approche. de danseuse sur pointes

aux clairières du jour


 

au gré des chambres sans fenêtres. Neige

par effraction,

sur l’oreiller esseulé de l’enfance


 

tendresse courbe. au pays collinaire, la neige

parachève les formes


 

sur tes lèvres de passante prise au froid. Neige

d’alphabet nomade,

à former tant de mots énamourés


 

sa noire écorce mutilée, l’amandier

sous la neige de mars, cicatrise


 

c’est à la pie du tableau de Monet

de faire poème d’ombre bleuie,

de cette butée d’enneigement

contre la clôture


 

Pointillisme à l’œuvre.

jusqu’à l’effacement, l’espace tremblé

 

« Logoneiges » en Laponie. Dotremont autrement écrit

du tracer la blessure, la lettre

plus tatouée encore


 

chaque flocon, dans la mêlée du monde.

comme frôlement de l’Autre en soi


 

à contraster le pays, d’intermittence

noire et blanche, la Neige joue sa destinée.


 

d’amertume haillonneuse

au fronton de la mort,

le dégel de la Pensée

 

Neige, prends ton dire, témoigne

pour ceux qu’Ils ont enfoui là .


 

Claude Barrère

Septembre 2016

 
 


 

 

 

 

Jean-Luc Pouliquen

 

 

 

 

 

 

 

 

 

9/02/2017

 



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GEORGES POMPIDOU

 Un président passionné de poésie 

Jean-Luc Pouliquen  

L'Harmattan éditeur

11,50 € • 78 pages Collection Questions contemporaines


 
Voir doc

 

Ce livre a fait l'objet de l'émission du jeudi 9 février 2017

voir rubrique "Pour écouter les émissions"

Voir aussi :

 
 
 


 

 

 

Louis VIEL  

 

 

 

 

 

 

 

2/02/2017

 



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26/01/2017

 



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19/01/2017

 



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12/01/2017

 



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Christian Saint-Paul signale la parution aux éditions Bruno Doucey et Sous La Lime avec la collaboration du Musée Paul Valéry de Sète, d’un C.D. :

« Roula Safar chante Paul Valéry » (21,50 €).

Le projet d’enregistrement d’un CD d’œuvres de Paul Valéry par la chanteuse et musicienne Roula Safar a été proposé par Maïthé Valès-Bled, conservatrice du Musée Paul Valéry de Sète, et directrice du festival Voix Vives de Méditerranée.

Trois artistes ont contribué à la réalisation de ce projet :

Roula Safar, mezzo-soprano, guitare et percussions

Michel Maurer, piano et piano Baschet

Ghislain de Fonclare, récitant


 

Le CD rassemble un choix de poèmes de Paul Valéry, dits et surtout chantés, avec un accompagnement au piano ou à la guitare et aux percussions. Ce choix comporte en particulier « L’ange », des extraits de « La Jeune Parque » et de divers recueils de Paul Valéry, tels que Album de vers anciens, Charmes, Poésie perdue, et Corona et Coronilla, textes d’époques et de styles différents.


 

La plupart des mélodies qu’on entendra dans ce CD proviennent des poèmes mis en musique pour voix et piano au XXe siècle :

Le vin perdu, Les pas et l’Abeille, par Pierre-Octave Ferroud (1900-1936),

La Fausse Morte, L’Insinuant et Le Sylphe par Federico Mompou (1893-1987),

Le Bois Amical et La Ceinture par Henri Sauguet (1901-1989).


 

À ces mélodies « classiques » s’ajoutent les textes que Roula Safar a, elle-même, mis en musique pour voix, guitare et percussions (ses « instruments de troubadour ») extraits de Profusion du soir, de La Jeune Parque et du Cimetière Marin.


 

Les poèmes et la prose poétique qui composent ce CD évoquent successivement la mer, l’amitié, la figure d’Orphée, inspiré par les dieux pour construire le monde des hommes ; l’affrontement des forces qui déchirent Paul Valéry, conscience et passions, telles que La Jeune Parque les met en scène ; l’amour, présent dans La Fausse Morte, la mort, enfin, présente dans le dernier poème, et que l’on regarde de loin, non sans délectation, dans Le Cimetière marin, où la mer ne vient mourir au rivage que pour se renouveler.


 

Chez Paul Valéry on ne meurt jamais tout à fait : l’homme est toujours sur le chemin de la renaissance.

Diffusion de « Le cimetière marin ».

*

« Le jour se lève, il faut tenter de vivre » écrivait Paul Valéry.

Tenter de vivre, et dignement, est la revendication précisément d’un collectif qui publie aux éditions Flammarion un petit livre (3 €) « On vaut mieux que ça ».

« La société de demain, celle du « on », n’est que le prolongement, la généralisation de ces gestes que tout le monde effectue au quotidien. Et pas la dictature des experts, des graphiques, des chiffres, d’une croissance ou d’une dette qui ne sont qu’illusions.

La société de demain, c’est cette communauté d’êtres humains qui font au mieux pour vivre en harmonie avec les autres et avec leur environnement.

Cette société existe déjà. »

Le « on » devient une force créatrice.

« Si ne pas se satisfaire du monde comme il va, c’est être jeune, eh bien soit, nous sommes jeunes et souhaitons le rester ! Nous endossons ce rôle, mais attention : de ces jeunes-là, il y en a beaucoup, certains ont même des cheveux blancs. »


 

Lecture d’extraits.

*

Revenant sur la parution du livre de Francis Ricard « Arthur Rimbaud poste restante Marseille » (éditions Hors limite, 78 pages, 12 €) Saint-Paul signale la publication aux éditions de Bussac, collection « des voix méconnues » de « Mon frère Arthur » d’Isabelle Rimbaud.

Lecture d’une lettre de la sœur du poète.

*

Cuba s’acheminant vers la fin de son embargo et vers un tournant de son régime, l’émission est ensuite consacrée à trois poètes cubains, dissidents et qui ont connu les geôles castristes. Il n’est pas possible d’oublier que la dictature castriste a emprisonné et même, exécuté des poètes.

 

Raúl Rivero (1945 - ) est un poète et journaliste cubain, connu pour son agence de presse Cuba Press, son arrestation lors du Printemps noir de Cuba en 2003 et sa condamnation pour activités subversives par la justice cubaine.

Raúl Rivero est né à Morón, province du Camagüey, en 1945. Il fait des études de journalisme à l'Université de La Havane et commence à écrire articles et poèmes. Si bien qu'en 1967, il reçoit le prix David pour son recueil de poèmes Papel de hombre (Rôle d'homme) et en 1969, le prix Julián del Casal pour Poesía sobre la tierra (Poésie sur la terre), tous deux décernés par l'UNEAC (Unión Nacional de Escritores y Artistas de Cuba ou Union nationale des écrivains et artistes de Cuba), organe suprême chargé de veiller sur la vie culturelle cubaine.

Il entre ainsi à « Cuba Internacional », revue de l'agence officielle cubaine Prensa Latina, où il travaille au service international. Il est alors nommé correspondant à Moscou de 1973 à 1976. De retour à Cuba, il commence à travailler pour L'UNEAC comme secrétaire aux relations publiques. Il est alors soutenu par le poète Nicolas Guillen, président de l'organisation.

Il rompt avec le régime à la fin des années 1980 et affiche une liberté critique. En 1992, avec trois autres journalistes, Yndamiro Restano, Nestor Baguer et Rafael Solano, il fonde le Club de la presse de Cuba puis en septembre 1995, la petite agence indépendante, Cuba Press.

En 1997, il reçoit le prix international de Reporters sans frontières pour son travail comme directeur de l'agence indépendante et son attitude en faveur de la liberté de la presse. Malgré les risques, il continue donc d'écrire avec acharnement dans cet appartement de Centro Habana.

Le 20 mars 2003, lors du Printemps noir de Cuba, il est arrêté puis, le 7 avril, condamné à une peine d'emprisonnement pour avoir réalisé des activités subversives visant à porter atteinte à l’intégrité territoriale de Cuba. Une campagne internationale se déclenche pour alerter sur son cas et obtenir sa libération. Selon le journaliste Maxime Vivas, Amnesty international et d'autres acteurs de cette campagne se font les relais d'informations mensongères sur sa situation, prétendant par exemple que le détenu serait soumis à des conditions d'incarcérations très dures et qu'il aurait perdu beaucoup de poids.

En novembre 2004, il est libéré de prison, et explique avoir seulement souffert du chant d'un grillon la nuit.

En traduction française, il a fait paraître :

Mandat de perquisition. Éditions Al Dante (2003)

Souvenirs. Gallimard (2004)

Lecture d’extraits de « Mandat de perquisition ».



 

Douleur et pardon



 

A présent je fais le vœu de tout pardonner

pour nettoyer mon cœur fatigué

qui ne peut faire face qu’à la fatigue de l’amour.


 

Je veux par conséquent que les coupables directs de mes accès de furie

les artisans patentés de mes peines

soient déclarés innocents après que j’aurai signé ce poème.


 

Je n’ai rien contre ceux qui m’ont rendu la vie impossible

mon unique et pauvre vie passagère

pour atteindre la gloire et vivre dans leur vaine géographie.


 

Compréhension et complicité face aux douces jeunes filles

déguisées en sorcières

qui me laissaient abandonné en ville en pressant mon chapeau comme un torchon.


 

Acquittés les diffamateurs et les idiots

oubliés les policiers qui m’ont harcelé

effacés de ma mémoire ceux qui ont envahi ma maison avec

un mandat de perquisition.


 

Dans les limbes d’une autre constellation

celui qui a signé l’ordre

et ordonné les punitions.


 

Un peu plus loin

celui qui a poussé ma fille Cristina loin de sa patrie

et qui m’a fait perdre la raison.


 

De toutes ces peurs et de toute cette anxiété

de cette saison de décombres et de lueurs

les coupables sont les jours de la semaine.


 

Ces lundis au fil du rasoir

les mardis émoussés, neutres et tenaces

le mercredi avec ses infules de pont rouillé.


 

Le jeudi avec un air d’étranger

le vendredi et ses rivières de vanités

le samedi traître et couvert.


 

Les dimanches puérils et vides.


 

Ce sont eux, sans doute, les coupables

obstinés à maintenir en servitude

Notre Père Temps Eternel

qui à présent organise ma vieillesse

pour que j’oublie.

*

C’est ensuite le livre de poche de la collection Poésie des éditions Buchet Chastel (140 pages, 10 €) qui est cité :

Voix contre la peur

de RICARDO GONZALEZ et de Maria CRUZ VARELA

Traduit par Jacobo Machover préface de Raùl Rivero pour la partie Ricardo Gozàlez Alfonso

Ce recueil, qui regroupe les poèmes de deux auteurs cubains traduits pour la première fois en français, témoigne de la situation des opposants au pouvoir à Cuba : Ricardo Gonzalez Alfonso qui fut longtemps en prison près de La Havane et Maria Elena Cruz Varela qui a été libérée après deux ans de cachot.

La poésie est intemporelle, mais parfois la publication d’un livre est urgente. C’est le cas ici. Aux raisons esthétiques la vie ajoute parfois ses propres impératifs… Ce recueil regroupe des poèmes de deux auteurs cubains : Ricardo Gonzàlez Alfonso fut en prison près de La Havane de longues années ; Maria Elena Cruz Varela a été libérée après deux ans de cachot. On déplore encore dans ce monde des prisonniers politiques dont la seule faute est de déplaire au pouvoir.
Bien sûr, nous publions ces vers, explique l’éditeur, pour leur beauté, pour leur force, mais également pour le bonheur du lecteur. Que cette publication puisse contribuer à la libération de Ricardo et des autres intellectuels emprisonnés à Cuba est notre vœu le plus cher.

Au cours des années 90, marquée par la période dite “spéciale” d’ouverture relative de l’île vers l’extérieur, apparaissent de petites agences de presse indépendante où circule l’information hors du traditionnel contrôle de l’État. Cuba Press, que codirige l’ancien journaliste de la télévision officielle Ricardo González Alfonso fait partie de ce réseau. Ces nouveaux journalistes indépendants ne peuvent néanmoins proposer de publications, l’accès à l’impression restant très sévèrement réglementé et les imprimantes individuelles, interdites.

Ricardo González Alfonso parvient tout de même à franchir le pas, en décembre 2002, lorsque paraît le premier exemplaire de De Cuba. Doté d’une pagination fournie, ce bimestriel doit se contenter d’une diffusion confidentielle dans les milieux de la dissidence, mais l’intérêt du lecteur est là. La revue aborde, en effet, des sujets ignorés par la presse officielle, tels que le racisme à Cuba ou le projet Varela. Cette campagne, lancée en 2002 par le dissident et Prix Sakharov Oswaldo Paya (décédé le 22 juillet 2012) avait recueilli plus de 11 000 signatures sur l'île pour réclamer des changements démocratiques par la voie constitutionnelle.

De Cuba est la première revue indépendante publiée sur l’île depuis l'arrivé de Fidel Castro au pouvoir. Deux exemplaires de cette revue ont vu le jour avant que son directeur, Ricardo González Alfonso, ne soit condamné le 7 avril 2003 à vingt ans de prison pour ‘‘actes contre l’indépendance et l’intégrité territoriale de l’Etat".

La coïncidence de cette initiative et du lancement de De Cuba ébranle un gouvernement qui tolère mal la contestation. Un autre numéro de la revue paraît en février 2003. Alors que la troisième édition est en préparation, la main du régime met fin à un timide vent de libertés. Le 18 mars 2003 advient le “Printemps noir”, au cours duquel 75 dissidents sont arrêtés dont Ricardo González Alfonso. Condamné à vingt ans de prison pour “espionnage” et “atteinte à l’indépendance et à l’intégrité territoriale de Cuba”, le journaliste est finalement libéré le 13 juillet 2010, en contrepartie d’un exil forcé. Il vit depuis à Madrid.

María Elena Cruz Varela est née le 17 août 1953 à Colón, Cuba. Journaliste, poète et écrivaine cubaine. Chef de file du groupe dissident cubain Criterio Alternativo. Condamnée par un tribunal cubain à deux ans de prison.

Elle abandonna Cuba en 1994 et vécut un temps en Espagne, avant de rejoindre les USA. Aujourd’hui elle est retournée en Espagne pour vivre à Madrid.

Lecture d’extraits.

Témoin

A Lorenzo Enrique, compagnon de cellule

Noir, le rire

en croissant de lune

proxénète des étoiles

rufian de l’aurore

il était

le plus habile

tricheur de l’asphalte.


 

Plus tard il voulut traverser l’horizon

changer de métier,

mais ce fut son destin qui changea.


 

Jugé comme apprenti pirate

il ne fit aucun cas de la sentence :

incrédule de profession

jamais

jamais il ne crut

aux rois mauvais.


 

Lorsque l’on vint ouvrir le cachot

il était absent

loin de l’aurore et des étoiles.

Je lui donnai une tape

de toute mon âme

sur l’épaule

puis je le vis partir

mort

vers la mort.

*

Le chant du captif

 

A Alida

La mémoire ne connaît pas de distances :

ta présence

et ton absence

captivent

le captif.


 

Les souvenirs sont tangibles

si j’invoque ton nom

et les murailles sont translucides

si tu souris.


 

Ta joie est ma lumière.


 

Ton amour

est le miracle

quotidien

que me donne Dieu.

*

Après l’Apocalypse


 

A mes compagnons condamnés et détenus à la prison de Kilomètre 8


 

A cet instant infini

avec la tendresse indemne

avec le courage invaincu

même

entre quatre murs

cardinaux

le désespoir

et l’espoir

me révèlent

deux sentiers

semblables

et je coule

dans un univers

de vers.

Alors

j’ai une vision

pathétique :

de l’horreur à l’effroi

du chant au désenchantement

je me réincarne

dans mes cantiques

de captif

et je frémis

de toute mon âme.


 

Puis

j’ai une vision

poétique :

je contemple cette oasis céleste

au coin de l’enfer

où nous alternons

plaisirs et pleurs

vers et versets

et nous partageons

notre pain

avec des anges prisonniers

dans l’Averne.


 

De retour

aux confins de l’épouvante

je sens

la lettre et le sang

dans toute la prison.

Je doute de mes doutes

et j’aime.

*

Blessures


 

La Parque n’est guère parcimonieuse

lorsqu’elle survit en voix

en vous

comme en un art poétique

macabre.


 

Yanes coupa

et incinéra

son arbre de famille

sans en exclure

une seule feuille

un seul fils

comme une nouvelle version

libre ou esclave

de De sang-froid.


 

Il fut condamné à mort.

A une seule mort.


 

Mais l’algorithme

pénitentiaire

multiplia sa sentence :

jour après jour

on lui annonçait en bluffant

sa Parque.

Jour après jour

ils en rigolaient

il en pleurait.


 

Et sans nulle volonté de transcendance

en voix

en vous

comme dans un verset

de l’enfer

il fit de son corps

un pendule.

*

Ricardo Gozàlez Alfonso

*

L’ange à terre

Regarde. David.

Comme se cabrent les derniers chevaux du soir.

Comme ils refusent la soumission.

Comme ils acclament triomphants les trompettes voraces.

Mais je ne me souviens plus comment on arrive à nommer les choses.

C’est que je ne sais plus.

L’infamie pourrit tout ce qui est indispensable à la vie.

Et je ne suis qu’un ange de plus.

Un ange qui s’épuise. Dans la cour déchue des anges.

Regarde. David.

Comment s’agitent les chevaux du Jugement dernier.

Comment ils accourent au son triomphal de la trompette.

Ils annoncent qu’il faut fuir. N(importe où.

Peu importe le pays même un pays d’opérette.

Peu importe le projet.

Ou le mirage. Je veux seulement fuir.

M’évader des décombres du désastre intime.

Si j’arrivais à leur dénier le don de la parole.

C’est qu’ils ont tant menti.

Ils nous ont tant trahis. L’espoir est si fragile.

Elle est si fragile la Terre Promise.

Des volées d’anges prennent le chemin de l’exil.

Ils renoncent à vivre l’instant des révélations :

ils nous ont tant menti.

Je ne suis qu’un ange brisé qui roule dans le caniveau.

L’eau immonde est juste

une vérité falsifiée au milieu de tant de mensonges.

Des miettes. Je ne parviens à nommer que des miettes. C’est dur

d’avoir trente-sept ans. Et d’être un ange brisé.

Désespéré de pleurer en veillant.

*

Déclinaisons


 

Saviez-vous que je détestais nommer le cœur

dans mes poèmes

et que, s’il est exclu, le cœur se venge ?

Aujourd’hui plus que jamais je montre des déclinaisons claires.

Et je fais vœu d’humilité. J’ai une voix très douce.

Je monte sur scène en un léger murmure.

Je découvre mes faiblesses par un coup d’éclat :

y-a-t-il parmi vous, mes tendres amants,

quelqu’un qui oserait serrer jusqu’à l’étrangler

la sangle et le harnais de la bête ?

Lui faire porter une lourde charge. Lui battre les flancs.

Lui dire marche.

N’entends-tu pas les sifflements sinistres du ravin ?

*

Maria Elena Cruz Varela



 


 

 
 

 


 

 

 

 

Didier

THURIOS

 

 

 

05/01/2017

29/12/2016

 

 

 

 



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Christian Saint-Paul revient sur l’œuvre de création poétique de Jean Joubert. Il rappelle quelle fut son activité militante en poésie, son engagement désintéressé auprès des enfants. Il allait dans les classes de l’école primaire apporter la bonne nouvelle : celle de la poésie.

Et les enfants le lui rendaient bien cet intérêt qu’il leur manifestait. La profondeur de la trace qu’il laissait peut se lire dans une lettre d’une classe d’école primaire à Jean Joubert publiée dans « Jean Joubert par Michel Cosem » aux éditions du Rouergue dans la collection Visages de ce temps dirigée alors par Jean Digot.

Lecture de cette lettre.


 

Nous avons aimé tes poèmes, celui de la grenouille nous a fait rire. Tes histoires, dans les poèmes et dans les livres ne sont pas vraies, mais elles sont belles et quelquefois jolies.

Tu dois aimer les œufs ; y en a dans Pilou, dans Blouson bleu et dans la grenouille de la mare.

Tu as des poules dans ton jardin ?

Nous croyons que tu es beau, tu as des cheveux roux, avec une moustache, tu aimes les enfants.

Tu es jeune et un peu vieux, tes yeux sont noirs ou marron.

Tu as des enfants, ils doivent jamais s’embêter ; quand ta « maman » fait les pavés et qu’ils peuvent pas bouger tu leur lis une histoire.

Tu écris avec une plume d’oiseau ?

Tu nous fais rêver, moi j’ai regardé la lune cette nuit, c’est une buée dans le ciel.

Est-ce que tu connais les disques de Peter Bowman et de Keith Jarett ? Ils sont beaux, on aime les écouter.

Tu dois avoir une grande maison avec un grand bureau pour écrire et même un jardin avec beaucoup d’animaux mais pas de salades, tu as pas le temps de les faire pousser, tu peux pas tout faire...

Nous t’envoyons un gros bisou, merci et on t’aime bien.

Toute la classe


 

Lecture de poèmes de Jean Joubert


 

Tu es ce corps

et l’ombre de ce corps

et l’ombre de cette ombre

cette ombre encore

infiniment


 

jusqu’à ce centre de lumière

où se confondent

le corps et l’ombre

toutes les ombres

et tous les corps.

*

Quelques visages demeurent

comme reflets sur l’eau

de ceux qui vers nous jadis

se penchèrent,

pour nous parler, pour chercher dans nos yeux

un accord, une promesse


 

- si clairs, si nets

que l’on s’étonne

de ce ciel vide entre les arbres

et, sur le pont,

de la seule poussière.


 

D’autres encore tremblent par temps de brume,

se brouillent, se disloquent,

insaisissables presque :

ombres d’ombres pour nos regards.


 

Et tant d’autres nous abandonnent,

mêlés, sans nom, au plus noir de la terre.


 

Pour eux nous n’avons plus ni lampe ni

mémoire.

*

Christian Saint-Paul reçoit Didier THURIOS, voyageur, écrivain, poète, chanteur de rock’nd roll.


 

Il se décrit ainsi : une enfance tarnaise à taper dans un ballon rond, construire des cabanes dans les arbres, cracher des poèmes et parcourir d'un œil avide les planisphères. La musique plus tard, chant et guitare, surtout le besoin impérieux de jeter des passerelles entre littérature et riffs rock and roll.

Mais c’est le voyage qui lui rendra le véritable plaisir des mots. D’abord l’Europe et le Maghreb, l’Amérique du sud et l’Asie du sud-est, le sous-continent indien, l’Asie centrale et le Moyen-Orient, l'Afrique...

Ses vagabondages, ses immersions, ses exils volontaires, sans but ou défi à relever, donneront naissance à des carnets de route, poèmes et témoignages du monde : "Désorientales" (Le Manuscrit), "Echappée, poèmes nomades" (L’Harmattan), "Vents arabesques" aux éditions Le solitaire.


 

En 2012, il a reçu le Prix de Poésie des Gourmets de Lettres, sous l’égide de l’Académie des Jeux Floraux de Toulouse.

Il vient de terminer un nouveau livre, une lettre dédiée à sa mère « Aussi sacrée que le Gange » qui sera publiée aux éditions Autrement.


 

« Désorientales » est le récit d’un voyage d’un an avec sa femme et sa fille.

Le voyage, dit-il, c’est une injonction, un besoin d’exprimer un ressenti et de garder une trace et la meilleure trace, c’est quand même le livre. Je n’aime pas la photo, avoue-t-il. Elle ment un peu la photo.

C’est juste vital, poursuit-il, ce besoin d’aller me confronter à d’autres mondes, à d’autres consciences, à d’autres morales. Je prends des congés sans solde et je dégage ce temps qui est juste salvateur. Mes voyages ne nécessitent pas beaucoup d’argent. Ce sont des voyages de pauvre, souvent semi-ascétiques dans des contrées lointaines. « Echappée (poèmes nomades » a été publié par L’Harmattan dans la collection « Poètes des cinq continents ». Ce sont des poèmes de voyage, de l’Inde à l’Europe. Ces voyages se font en immersion totale avec les gens des pays traversés, avec leurs moyens locaux de déplacement les plus économiques. Encore une fois, c’est un voyage de pauvre.

Le problème de la langue n’en est pas un. Ce n’est pas le langage qui prime. La communication passe par le regard, par un sourire, par une main sur l’épaule. C’est une communication quasi universelle.

Didier Thurios est quelqu’un qui a trouvé les moyens d’aller à la rencontre de l’humanité. Les différences auxquelles nous sommes confrontés, juge-t-il, nous permettent de casser nos certitudes, nos vérités. Il y a d’autres vérités. Chaque voyage est un voyage initiatique. Nous apprenons toujours de nous, même après de multiples voyages. C’est ce qui compte en fait.

On s’améliore. On se pose les bonnes questions métaphysiques existentielles et l’on peut juger si l’on est en phase avec soi-même. On trimballe toujours toutes ces interrogations philosophiques.

L’initiation se fait par paliers. On ne voyage pas, on est voyagé. On apprend de soi. Le quotidien dans cette forme de voyage pauvre est souvent compliqué. Les trajets sont longs, souvent harassant. On ne sait parfois où dormir. On met le corps et l’esprit en contrainte. Et forcément on découvre. On apprend aussi des côtés noirs de nous, que l’on ne soupçonnait pas. On est un apprenti en voyage. On devient certainement meilleur, sans être sage, cette notion de sagesse m’ennuie. On parvient même à se pardonner ; on s’améliore humblement dans son humanité.


 

Lecture d’extraits de « Echappée ».


 

INDE


 

Excepté


 

Excepté la fixité des choses

souverainement appesanties, la lumière

posée sur la pliure des jours

et d’obséquieux palétuviers

à caresser la vague,

sauf le miroir lunaire

dans les yeux de la mer

comme coulées de lave

sur le corps des volcans,

moins d’excentriques poissons irisés de corail

et d’improbables orgies de l’œil

dans le vert de la jungle,

excepté l’exceptionnel il reste

trois fois rien

il reste nous

baignant dans le soleil.


 

Havelock island, Andaman, mars 2004

*

Manque d’avoir


 

Devant nous l’absence de traces

ivresse horizontale des profondeurs,

pas à pas inventés des jours

qui croissent décroissent

décident parfois ;


 

Le temps présent absolu conjugue

d’aléatoires nuits sans tain

à ces jours incertains

nous marchons dépouillés

sur le ventre du monde ;


 

Il faut manquer d’avoir

pour ne pas manquer d’être

au luxe d’être pauvre

l’immanence des choses effleurée de nos doigts,

des citadelles à prendre que nous cueillons.


 

Chennaï, Inde, avril 2004


 

*

Souviens-toi


 

Souviens-toi des coulures du soir

quand les derniers spasmes secouaient la ville,

arabesques oblongues qui dansaient sur la dune,

l’haleine chargée du fleuve

sa courbe sensuelle,

il faudra que tu te souviennes

la terrasse où claquaient des tablas et

saignait un sitar,

ces ruelles sombres et torrides gorgées comme des fruits mûrs

et de ces ghat brûlants abandonnés aux âmes,

il faudra que tu te souviennes,

les morts piquaient nos yeux jusque tard dans la nuit

et nous ne dormions pas,

l’air était si épais,

nous regardions les barques glisser entre les corps

et nous étions heureux

souviens-toi…


 

Bénarès, Inde, mai 2004

*

Momo shaphali thupka gyathuk chowmein

exhalés de la petite rue aux échoppes

brinquebalantes

dont on ne sait par quel miracle elles tiennent encore debout

gargotes de poupées

la tête inexpressive mais néanmoins amicale de la vendeuse de thé

au croisement cinétique d’exhalaisons nocturnes

nous couperons par le brouillard

des pentes fildeféristes

*

Là-bas résonnent les oraisons funèbres

les cloches teintées mâtinées de la bienséance

coutumière

le cor annonçant la curée et quelques basses messes

qu’il sied à tout un chacun de ne point manquer

là-bas réside le pouvoir incontestable de majorités

effectives gorgées de silencieuses paroles

*

Tout cela semble si éloigné si indéfinissable

je sais à présent où descendent les ombres

reposent de furtives étoiles

trajectoire fulgurante de fleurs fanées

ne pas dévier

je ne dévierai pas

de la course aléatoire des astres

*

Darjeeling, Inde, juillet 2004

*

A propos de Bénarès, Christian Saint-Paul évoque la figure de Chantal Maillard, poète espagnole de Malaga qui a longtemps séjourné aussi à Bénarès et qui en a aussi rapporté un livre de poèmes : « Hainuwele y otros poemas » (Tusquets editores, 16 €).

En mai, poursuit, Didier Thurios, à Bénarès, on procédait à la crémation de cinq cents corps. Il est impossible de ne pas se poser de questions philosophiques par rapport à la mort. C’est une ville qui chamboule, qui attire. Autour d’un bûcher, je n’ai jamais vu quelqu’un pleurer. La mort est gaie. On voit des vieux qui ont traversé le pays à pied et qui, assis en tailleur au bord du Gange, attendent la mort. C’est pour eux un gage d’avenir meilleur.

Maurice Blanchard a écrit « La poésie et la vie sont intimement nouées ; le poème écrit le poète. » Cela correspond à la posture de Didier Thurios. Ecrire un poème est quasi physiologique. « Pour écrire un poème, il faut recommencer sa vie, toutes ses vies » constatait Blanchard qui, poussait cette conclusion à son paroxysme puisqu’il avouait : « si j’écris, c’est pour ne pas me tuer. C’est ma transfiguration à moi. » A cela, Didier Thurios ajoute cette pensée de Marcel Jouhandeau : « vivre, c’est naître sans cesse. »


 

Lecture d’extraits de « Vents Arabesques / De Smyrne à El Fayoun ».


 

TURQUIE


 

EGRIDIR


 

Vingt-trois ans déjà et le souvenir diffus d’un séjour hors du temps.

Têtes de pêcheurs taillées à la serpette, poissons exubérants et le calme plat surtout, cette impression que rien ne pouvait véritablement bousculer les lieux.

Peu de choses ont changé, comme si l’eau douce et un vent irascible avaient bouté les promoteurs jusqu’à la côte...

Main fermée posée sur l’onde, la presqu’île

guette la moindre brise,

escortée de canards au sillage parfait.

Toujours ce turquoise sidérant à

perte de sens,

à contre couleurs,

parfois ces barques multicolores

à la coque tremblante n’attendant

qu’une œillade mouillée du pêcheur

pour aller s’égailler.

Gosses ruisselants et piailleurs

fracassant en splatches assourdissants

le grand silence blanc.


 

Puis soudain, à écorcher l’âme,

le souffle du muezzin,


 

à la bascule du jour.

**

La nuit un vent frontal sème de vastes araignées à la surface du lac. Toute une vie qui s’agite au royaume des ombres, un monde parallèle qu’on devine et qu’on frôle, dans le meilleur des cas, mystérieux et hermétique. Même le contour des montagnes semble osciller, se détacher du halo céleste. Comme si les éléments, pris d’une espèce de pudeur magnétique, ne s’autorisaient plus dorénavant que le mouvement nocturne, fermaient rageusement, définitivement la porte à l’entendement.

**

Moiteur. J’entends au loin une musique tirée

du fond des âges, racée, élégante,

le pépiement facétieux des sous pentes,

chaque bruit, chaque son touche à

vivifier l’âme,

chaque péripétie du jour réveiller

l’ombre de mon ombre,

me désempêtrer de mes peaux,

réenfanter celui qui dormait il y a peu

dans un clair-obscur.


 

Mue. J’entends au loin la musique

dans le dedans,

notes récurrentes et enfouies

sevrées d’oreilles,

cet autre moi délesté d’auditoire,

de fenêtres à franchir et

d’océans à rêver,

de sentiers à convaincre.


 

Peau éponge. Corps girouette aux quatre vents.

Un rien suffit à ça. Sortir de soi. Renaître à soi. Retrouver le mouvement.

Aboutir.

*


 

SYRIE


 

ALEP


 

Citadelle pendue aux lèvres de ciel

des pigeons écrèment le parvis

soyeux des mosquées, il n’y a plus

guère d’ombre que dans l’âme humaine.


 

Fraîcheur fugace des souks,

au coude à coude mules et

Toyotas braient d’une même

impatience, l’histoire a creusé des ravines

sur la peau parcheminée des vieillards

(les femmes elles-mêmes résident à mi-chemin).


 

Fourmilière humaine agitée de

toutes parts,

l’ostentatoire est de mise,

des oraisons d’épices et de baklavas,

fumées obliques de kebabs,

bijoux découpant

la poussière sage des ruelles…


 

Percement épisodique de lumière.

Des gosses ployés happent de

frêles instants d’accalmie,

parviennent à s’enfuir l’espace d’un regard.


 

On se perd dans les limbes

d’une aurore parallèle.

*

Al Raqqa


 

Comme si la terre en lambeaux

avait sassé la lumière,

si les couleurs s’étaient diluées

dans l’Euphrate.


 

Il n’y a plus de contraste

ne subsiste qu’une ébauche de ville,

l’esquisse avortée d’un

semblant d’avenir.


 

A trois heures de l’après-midi

pas l’ombre d’un sursaut, les humains

ont quitté les murs pour d’autres

chimères, emportés eux aussi par

un long fleuve d’ennui.


 

Le temps manque d’assurance.

*

Vers Deir Ez-Zor


 

De part et d’autre l’Euphrate

jette des langues de verdure,

coups de canif dans le djebel

aux teintes silencieuses.


 

Que l’on s’écarte à peine de la rive et

le désert reprend ses droits.


 

Temps de révolte, temps de récolte.

Femmes chevauchant de minuscules

ânes bâtés émergeant des chemins,

bariolées et opiniâtres.


 

Quelques enfants pouilleux

assis sur le cuivre du pisé.

*

Le désert est une mer où

se mirent les âmes

on y trouve des humains

qui n’en ont plus trop l’air

des vivants au regard bleu

qui parlent aux étoiles

plus attachés au vent que

des ailes d’oiseaux,

il est des hommes hors espace

hors du temps que les sirènes plastiques

n’ont pas su démembrer,

plus amoureux du ciel

qu’une pincée de nuages

les Bédouins se rappellent

le sel des caravanes

les soieries de Lanzhou et

les vins libanais

les épices des Indes et

les brocarts de Perse,

il est des hommes debout qui

du matin au soir

ne désirent rien d’autre

que contempler les dunes.

*

LIBAN


 


 

A Baalbek, ceux qui consomment du voyage comme une boisson gazeuse,

(ceux qui ont vu avant de voir, ceux qui savent avant de savoir, les rois de l’ellipse et du condensé, du trois en un et du résumé, ceux pour qui cabotage ou flânerie sont des mots obsolètes, les boulimiques de visas, les sourds et mal voyants, ceux qui élaborent échafaudent développent tranchent assènent enseignent directivent, les champions du survol et de la glisse, ceux qui pensent que l’élégance est forcément une question de vestimentaire, les fashionables high-tech avec en guise de doudou mobile computer Ipod, les vingtenaires surdiplômés, internetisés, science infusés, les vieux cons faussement empreints de sagesse, les aventuriers de la charentaise, ceux qui tiennent la Terre dans leurs mains jusqu’au jour du cancer, ceux qui ont oublié de ne pas oublier qu’ils sont faits – aussi - d’urine et de merde, ceux qui ne voient dans l’autre que des sparring-partners, qui passent à travers ou qui rebondissent, les fous de la performance et du record auto homologué, les héliocentrés égocentrés nombrilisés, ceux qui n’ont pas appris à douter, d’autres encore, il y a tout ça en raccourci sur les routes du monde, plus quelques types un peu en colère qui persistent à croire qu’il reste encore du rêve et de l’amour à moudre)

ne se bousculent pas au portillon.

*

Peut-être en filigrane

derrière l’aube insoumise

ce point cardinal sur la carte du souvenir,

le pouvoir d’émerveillement.

Ce sentiment de liberté ne nous est pas inconnu,

il suffit de le puiser au delta de l’enfance,

avant la grande dilution.


 

L’errance nous restitue.

*

JORDANIE


 

Le désert n’est pas le désert. Celui dont je parle n’est pas l’autre, l’absence de tout, le vide révolté soufflant sur des braises mortes. Le vrai désert, ce qui nous ravine et nous déconstruit, c’est l’oubli du temps présent, l’incertitude d’être.


 

Chercher l’issue ne dispense pas de tolérer la tenaille du temps. Ni de souscrire aux vents arabesques.

*

EGYPTE


 

LE CAIRE


 

Tour du Caire


 

Je suis allongé sur le dos,

quelques morceaux de verre

dans les trouées d’un gommier,

des perruches caméléon

crachées en pointillé et un

busard audacieux qui

brasse l’air tel un

ventilateur de chambre,

je perçois par instants des klaxons

venus du pont de Zamalek,

la tour du Caire ne va pas

tarder à masquer le soleil,

je dois être là depuis plusieurs heures,

immobile et souriant aux

trouées de l’arbre,

dans la cacophonie des volatiles,

dans la chlorophylle de ce parc

dont j’ai sauté les grilles,

parfois mes yeux se brouillent

inexplicablement,

je ne bouge pas d’un cil de

peur que ça s’arrête,


 

et je pense à ces perruches qui l’air de rien

ont compris tout ça depuis longtemps.

*

A l’évocation d’Alep, l’émotion est forte et tous les participants à l’émission de radio ont une pensée fraternelle pour le peuple d’Alep.


 

Didier Thurios continue ses explications. J’ai retrouvé par rapport à l’Inde plus d’humain. En Inde, c’est plus compliqué d’entrer dans une maison, d’y être accueilli. Au Moyen-Orient, c’est immédiat. L’hospitalité est incroyable. Ces peuples sont magnifiques. Et le désert renvoie à soi-même. Le désert parle de toi, tu le ressens très fort.

A Raqqa, chez des gens adorables qui m’avaient reçu, avec lesquels j’avais conversé et bu toute la nuit, au matin, j’ai eu une surprise : mon hôte me dit en me montrant ses beaux enfants qu’ils auront bientôt l’âge de franchir la frontière avec une belle ceinture autour de la taille pour les Américains ; et il lui ressert un verre de whisky. C’était une famille du Hezbola prête à sacrifier ses enfants. Et il y avait beaucoup d’amour entre les enfants et leurs parents. Choquant !

Le voyage, c’est ça. Moi, j’étais accepté parce qu’ils sont curieux de nous, occidentaux, curieux de l’étranger, et toujours hospitaliers. C’est un pilier de l’Islam, l’hospitalité. Je l’ai connue avec les Talibans. Ce contraste fait partie de l’enseignement du voyage.

La poésie dénonce et transcende ce que le voyage nous montre.


 

« Je reverrai le jour, car je tracerai inlassablement le chemin » certifiait Maurice Blanchard.

Didier Thurios va repartir et tracer inlassablement son chemin.

Nous saurons le retrouver pour lire ses carnets de route.


 


 

 

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